
Restauration des cours d'eau
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Le territoire de la communauté de communes est sillonné par de nombreux cours d’eau. On distingue ainsi deux territoires différents, situés respectivement sur les anciennes communautés de communes du Canton de Lessay et de La Haye-du-Puits pour le premier, et sur Sèves-Taute pour le deuxième. Ainsi chaque secteur a un technicien dédié, notamment pour la mise en œuvre des programmes de restauration.
Un engagement de longue date
Les actions de restauration des cours d’eau, bien qu’elles aient évoluées depuis, ont commencées dès 2007 sur le bassin de l’Ay. Désormais, les actions sur ce territoire sont en cours sur le secteur de La Haye, où aucune restauration n’avait été engagée.
Pour le territoire de Sèves-Taute, les actions de restauration ont commencé un peu plus tardivement, à partir de 2017, pour s’achever fin 2022. Certaines zones étant restée sans travaux, notamment des affluents de la Sèves et de la Taute, se pose désormais la question de réaliser un programme complémentaire.
Travaux réalisés
Les travaux sur les cours d’eau, bien qu’ils soient réalisés sur des territoires différents, répondent à un seul et même objectif : restaurer ceux-ci pour qu’ils soient dans état écologique convenable. Ainsi, plusieurs volets sont traités.
Dans un premier temps, une intervention est réalisée sur la végétation si besoin : éclaircie dans la végétation rivulaire, retrait d’embâcles voire abattages d’arbres menaçants, autant d’actions qui permettent de redonner de la lumière et libre cours à la rivière.
Ensuite vient la lutte contre le piétinement du bétail, atteinte la plus fréquente des cours d’eau sur notre secteur. En effet, cela provoque une détérioration de la qualité de l’eau (déjections, matières en suspensions) et altération du fond de la rivière. Pour remédier à ce problème, des clôtures, des systèmes d’abreuvements ainsi que des systèmes de franchissements sont installés.
Troisième enjeu pouvant être traité : la continuité écologique. De nombreux ouvrages parsèment nos cours d’eau (buse, pont voire barrage) pour répondre à différentes problématiques. Le problème vient du fait qu'un certains nombre de ces ouvrages peut entraver tout ou partie du transit piscicole et sédimentaire du cours d’eau. Pour y remédier, certains des ouvrages sont remplacés dans le cadre des travaux.
Dernier aspect traité, l’hydromorphologie. Ces travaux, réalisés plus rarement, ont pour objectif de redynamiser les écoulements de cours d’eau peu fonctionnel par apports de cailloux dans le lit de la rivière, ou voire de redessiner le tracé de celle-ci lorsque le contexte le permet et que son état ne permet pas un fonctionnement optimal du milieu.
L’ensemble de ces travaux est proposé aux propriétaires et exploitants des bords de cours d’eau lorsqu’il y a besoin, et n'est aucun cas obligatoire. Il n’y a aucun reste à charge sur les travaux de cours d’eau réalisés sur le territoire de la Communauté de Communes.
Reméandrage du Gorget
Un espace dégradé au fil des siècles
Au cours des derniers siècles, la vallée du Gorget a fait l’objet de nombreux travaux de drainage des eaux, entraînant la dégradation du lit et ainsi la diminution de la ligne d’eau. L‘assèchement des sols a donc provoqué la minéralisation de la tourbe – c’est-à-dire la dégradation de la matière organique accumulée dans le sol – et l’affaissement des terrains.
En plus d’être irréversible, cette minéralisation s’accompagne d’un dégagement de gaz à effet de serre et d’une dégradation des habitats naturels abritant de nombreuses espèces de faune et de flore. L’enjeu est d’autant plus important qu’au coeur de cette vallée se situe la réserve naturelle nationale de la Sangsurière et de l’Adriennerie.
Enfin, ces transformations ont également entraîné des conséquences sur le plan agricole, causant une diminution des rendements et des difficultés d’accès liées à l’apparition de crevasses dans le sol.
Préserver la biodiversité et les activités agricoles
Afin de pallier ces problèmes, la COCM, en partenariat avec la Communauté d’Agglomération du Cotentin (CAC) et l’Agence de l’eau Seine-Normandie, lance une vaste opération de reméandrage du cours d’eau appelé le Gorget.
L’objectif principal du projet est de rehausser la ligne d’eau de la nappe alluviale afin de limiter, voire stopper, la minéralisation de la tourbe, sans compromettre les activités agricoles présentes.
Pour répondre à cet objectif, plusieurs études ont été réalisées depuis 2003. Ainsi, le présent projet porte sur le reméandrage du Gorget dans son lit historique (voir schéma 1). La remise en eau de 5 kilomètres de méandres permettra d’allonger le tracé et ainsi rehausser la nappe alluviale, ce qui permettra de préserver la tourbière, ses habitats, sa faune et sa flore. Afin d’y préserver également les usages agricoles, les anciens shunts* seront utilisés comme bras de décharge en cas de crue.
Les enjeux insoupçonnés des tourbières
Les tourbières présentes dans les marais de la Sangsurière et de l’Adriennerie sont les premières touchées par l’état du Gorget. Si les tourbières n’occupent que 3 % de la superficie terrestre, elles contiennent à elles seules 30 % du stock de carbone organique des sols, soit deux fois plus que toutes les forêts du monde. Ce stock de carbone considérable présente à la fois un atout mais également un risque : si les tourbières en bon état peuvent stocker du carbone, à l’inverse, celles dégradées peuvent en libérer. La dégradation des tourbières devient alors un enjeu majeur du bilan carbone à l’échelle mondiale : les émissions annuelles de CO² par les tourbières dégradées représentent d’ores et déjà 5 à 10 % des émissions liées aux activités humaines annuelles mondiales.
Au-delà de leur fonction climatique, les tourbières abritent une biodiversité unique. En combinant humidité permanente, sols acides et ressources limitées, elles offrent un habitat irremplaçable pour de nombreuses espèces. Leur disparition entraînerait une perte irréversible pour la diversité biologique. Le classement du site en Réserve naturelle nationale de la tourbière de la Sangsurière et de l’Adriennerie est un gage indéniable de son intérêt majeur en termes de biodiversité.
Enfin les tourbières jouent un rôle crucial dans le cycle de l'eau, agissant comme de véritables régulateurs hydrologiques naturels. Telles des éponges, elles permettent d’atténuer les crues en retenant l'excès d'eau lors de fortes précipitations, mais aussi de soutenir les débits d'étiage en restituant progressivement l'eau stockée pendant les périodes sèches. De plus, elles agissent comme des filtres naturels, améliorant la qualité de l'eau qui les traverse. Les végétaux des tourbières utilisent les excès de matières minérales et organiques pour leur croissance, purifiant ainsi l'eau. Ce processus d'assainissement naturel en fait des sources précieuses d'eau potable.
Elles influencent également les conditions climatiques locales en maintenant un microclimat humide et plus frais en surface, même en période de sécheresse. Elles représentent ainsi un point clé et indispensable au cycle de l’eau, et atténuent quelque peu les effets du changement climatique.
Deux chantiers majeurs pour cette fin d’année
En cette fin d’année 2026, deux méandres devraient être remis en eau. Cela nécessitera des travaux sur la végétation, de nombreux terrassements en déblais et en remblais, des pêches électriques de sauvetage, l’installation de seuils en bois, l’aménagement des accès et des installations afin de protéger le cours d’eau du piétinement du bétail. Les derniers méandres feront l’objet de travaux en 2027.
L’ensemble de ces travaux a fait l’objet d’une concertation minutieuse auprès des nombreux acteurs concernés par le projet : les exploitants agricoles et les propriétaires des parcelles, le Syndicat de la Sangsurière, l’Association Syndicale autorisée de la Douve, les mairies de Catteville, Doville, Saint-Nicolas-de-Pierrepont, Saint-Sauveur-de-Pierrepont, Saint-Sauveur-le-Vicomte, Varenguebec, la COCM, la CAC, le Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) de Normandie, la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) de la Manche et l’Office Français de la Biodiversité (OFB). Cette concertation a permis de rendre le projet possible sur le plan réglementaire mais aussi acceptable par les usagers du marais.
Contacts
Service GEMAPI
(GEstion des Milieux Aquatiques
et Prévention des Inondations)
de la Communauté de Communes
Côte Ouest Centre Manche
Pôle Politiques publiques
11 Place Saint-Cloud
50430 LESSAY
Julien ENDELIN
Technicien GEMAPI
sur le secteur de La Haye et Lessay
06.08.92.77.80
Jean-François ONFROY
Technicien GEMAPI
sur le secteur de Périers
06.76.95.19.81

